LA MOINDRE DES CHOSES...

Publié le par Philippe DAVID

LA MOINDRE DES CHOSES

Il y a parfois des programmes de télévision qui vous captivent au détour d'un zapping alors que vous sautiez d'une chaîne à une autre pour suivre l'évolution des scores dans deux stades différents. C'est ce qui m'est arrivé hier au soir alors que mon travelling de caméra m'amenait de Madrid à Londres et que j'ai fini par passer la soirée à...Moscou!

Sur Canal Plus il y avait Real Madrid-Liverpool tandis que Canal Plus Sport retransmettait Chelsea-Juventus. J'ai malencontreusement, et heureusement, fait une mauvaise manipulation qui m'a amené sur Arte qui diffusait un téléfilm en deux parties consacré à "Farewell", du nom de code du Lieutenant Colonel du KGB qui s'appelait en fait Vladimir Vetrov, qui fournit au début des années 80 plus de 4000 documents ultra secrets qui permirent aux occidentaux de voir à quel point les taupes du KGB infiltraient les entreprises et les administrations occidentales. Grâce à ses documents, les occidentaux surent, entre autre, que leurs systèmes de missiles embarqués n'avaient aucun secret pour les soviétiques qui, en cas de conflit, les auraient neutralisés.

Ce documentaire était vraiment passionnant puisque y parlaient les anciens agents du KGB qui avaient découvert Vetrov, l'ancien patron du KGB ainsi que les patrons de la DST de l'époque et, en "guest star", Richard Perle ancien de la CIA et néo conservateur convaincu faisant partie des théoriciens de la guerre en Irak. Inutile de dire que ce dernier ne tarissait pas d'éloge sur la qualité des renseignements obtenus par les français, ce qui changeait quand on se souvient du fiel qu'il avait déversé sur la France lors d'un débat face à Raymond Barre au moment du déclenchement de cette guerre.

Les intervenants reconnurent tous les uns après les autres que les informations données par Vetrov avaient permis de faire tomber l'empire soviétique puisque c'est à la connaissance de ces documents que Reagan décida de lancer la course aux armements qui mit l'URSS à genoux.

L'affaire se termina mal pour Vetrov qui fut découvert, condamné à mort et executé d'une balle dans la nuque à la prison de Lefortovo à Moscou, le 23 février 1985.

Vetrov avait choisi de se mettre au service de la France après être "tombé amoureux" de notre pays alors qu'il était attaché au développement du commerce à l'ambassade d'URSS à Paris de 1965 à 1970. Les informations qu'il a donné ont permis de faire tomber un des empires les plus criminels de l'histoire de l'humanité et, rien que pour cela, il est étonnant qu'il ne soit pas plus connu et qu'aucune rue ne porte son nom.

J'aimerais que lui soit remise à titre posthume la Légion d'Honneur car il a bien "rendu des services imminents militaires ou civils à la Nation", bien plus en tout cas que Michel Leeb ou que la juge qui a divorcé Nicolas et Cecilia Sarkozy, puisqu'il a payé de sa vie son amour de la France.

Pour Vladimir Vetrov, la Légion d'Honneur serait bien la moindre des choses.

Philippe DAVID

Publié dans vudedroite

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Marielle 26/02/2009 22:24

Merci à Arte  pour les bonnes émissions qu'elle diffuse et à Philippe pour ce compte-rendu si talentueux .Je te trouve en très grande forme épistolaire , mon blogueur préféré !

M 26/02/2009 17:41

La Légion d'honneur c'est le pin's Pinder maintenant, cet homme là mérite les honneurs de la République : un mémorial, c'est beaucoup plus et ça les vaut !