LE CHEMIN DES DAMES

Publié le par Philippe DAVID

LE CHEMIN DES DAMES

 

Les militants socialistes ont tranché en envoyant au second tour de l'élection du premier secrétaire Ségolène Royal, arrivée en tête, et Martine Aubry qui bénéficie du soutien de Benoit Hamon après celui de Bertrand Delanoe. Le scrutin s'annonce cependant plus serré que prévu, les voix de Delanoe ne s'étant pas totalement reportées, loin s'en faut, sur Martine Aubry ( Ségolène Royal arrive d'ailleurs en tête dans la section du maire de Paris, ce qui est un véritable camouflet pour lui). On peut en déduire que, dans l'équipe Aubry, la présence des fabiusiens qui ont voté "non" au traité constitutionnel en 2005, a servi de repoussoir pour les plus européens des "delanoeistes".

 

Cependant, qu'est ce qui oppose les deux candidates?

 

L'Europe? Elles ont toutes les deux voté "oui" au traité constitutionnel et ont soutenu la ratification par voix parlementaire du traité de Lisbonne.

 

La social-démocratie (communément appelée aujourd'hui "social-libéralisme")? Non plus. Ségolène Royal se qualifiait il y a peu de "libérale" avant de qualifier ce mot de "mot de nos adversaires" lorsque Bertrand Delanoe s'est réclamé du libéralisme tandis que Martine Aubry a, un temps, représenté l'aile droite du PS.

 

Leur conception de l'état au sein de l'économie? Non plus, elles étaient toutes deux membres du gouvernement de Lionel Jospin qui, bien qu'il eût en son sein des ministres communistes et verts, a plus privatisé qu'aucun gouvernement de droite!

 

Le renouveau? Elles ont toutes les deux été ministres de François Mitterrand et de Jacques Chirac, preuve qu'aucune d'entre elles n'incarne un quelconque renouveau.

 

L'arrivée dans le monde politique de personnalités non issues du "sérail"? Elles sont toutes les deux énarques et pour l'une, fille de colonel tandis que l'autre est fille de ministre. On est loin de la diversité sociale dont se réclament les socialistes.

 

En clair, rien n'oppose les deux candidates si ce n'est leurs ambitions personnelles. Les socialistes doivent donc voter pour une personne (ou plutôt contre une personne pour un grand nombre d'entre eux) et en aucun cas pour un programme (logique, le parti socialiste n'en a pas).

 

Quelque soit le vainqueur (très difficile à mettre au féminin), le parti socialiste sera en lambeaux et après Reims, ville dans laquelle il aura mis deux femmes en tête de son scrutin interne, il risque de ressembler à l'armée française après la terrible bataille du "Chemin des Dames".

 

Philippe DAVID

 

 

Publié dans vudedroite

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kéline 28/11/2008 16:26

sésolée de ne pas avoir pu écouter l émission d hier. J'espère que le dialogue a été fructueux
bon week-end

keline 22/11/2008 12:56

bel exposé et astucieuse conclusion
Bon week end Philippe

pinocchio 22/11/2008 07:32

Un vrai massacre au PS en effet!

crasyone 21/11/2008 20:28

vi, c'est de toute façon ni l'une ni l'autre qui réussiront à être un opposant crédible !

Benjamin Breeg 21/11/2008 18:18

excellent !

http://www.wikio.fr/user/garonne