CARTE BLANCHE

Publié le par Philippe DAVID

CARTE BLANCHE

Il est fabuleux de voir à quel point le même évènement peut faire tirer des conclusions radicalement opposées selon la personne qui le commente. La crise financière de ces dernières semaines a fait ainsi dire à certains que les plans de sauvetage avec de l'argent public marquaient "le grand retour du politique face à l'économique", certains allant jusqu'à dire que le capitalisme financier avait vécu, sa fin étant marquée par cette crise.

Permettez moi de vous dire que ma conclusion des évènements de ces dernières semaines se situe aux antipodes des propos relatés dans le précédent paragraphe. En effet on a , à l'occasion de cette crise, assisté à la prise en otage des états par la finance mondiale afin de faire payer ses délires par les contribuables de l'ensemble des pays ayant dû faire des plans de sauvetage.

Quelle était la marge de manoeuvre des états devant les risques de faillite en série qui auraient ruiné d'un seul coup les déposants, les épargnants, les retraités comptant sur leurs fonds de pension et les entreprises ayant leur argent dans des établissements en faillite? La marge de manoeuvre des états se résumait à une chose: renflouer ou risquer un krach économique et un chaos social en même temps.

Ainsi les deniers publics ont permis de sauver des établissements prestigieux dont la gestion avait été pourtant menée de manière pour le moins légère (achat de titres dont on pouvait facilement déduire qu'ils deviendraient des titres pourris), les managements de ces établissements restant dans leur immense majorité en place et pouvant continuer à profiter sans se gêner des avantages que leur statut leur offre (voir mon article intitulé "le plus grand mépris").

Ainsi, après le plan Paulson à 750 milliards de dollars, les européens ont décidé de montrer leurs biceps en faisant un plan atteignant près de 1700 milliards d'euros regroupant, pour la France, 40 milliards d'euros pour au besoin nationaliser une ou des banques et 320 milliards d'euros pour se porter caution des banques qui prèteraient de l'argent à leurs consoeurs. Pour ceux qui ont un peu de mémoire, on nous disait il y a quelques mois qu'il était impossible de trouver 3 milliards d'euros pour construire un second porte-avions et on nous annonce aujourd'hui qu'on peut sortir du chapeau l'équivalent de 13 porte-avions pour aider les banquiers en difficulté...comprenne qui pourra!

Ces sommes prises dans les poches du contribuable pour renflouer des entreprises privées par des états pris en otages par les conséquences d'une non intervention et les engagements colossaux en tant que caution dont certains n'hésiteront certainement pas à se servir ( à tous les sens du terme) rendent le contribuable que je suis particulièrement inquiet des dérives auxquelles on risque d'assister. Si notre argent doit servir à cautionner des séminaires à la AIG, des repas à la Fortis ou des conditions de travail comme celles de l'éphémère PDG de Washington Mutual, nous avons du souci à nous faire.

La finance mondiale a compris aujourd'hui qu'elle pouvait faire n'importe quoi, n'importe où, n'importe quand et dans n'importe quelles conditions, les états et leurs contribuables seront toujours là pour combler les trous.

En bon français on peut appeler ça "avoir carte blanche".

Philippe DAVID



Publié dans vudedroite

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J.D.Delaire 17/10/2008 11:30

Les aides ont permis quelques reprises d'augmentation des cotations ...Les augmentations des cotations ont ingérées les aides ...doncplus d'argent disponibleque ce soit en réel ou en virtuelque ce soit en garanties ou en fonds propresdoncil n'est plus nécessaire de faire augmenter les cours caril n'y a plus rien à gagner immédiatement.Conclusion :Les banques c'est comme les petites culottes :plus il y a de pertes moins il y a de fonds propres. On va devoir bientôt ne faire que du troc ! 

J.D.Delaire 15/10/2008 09:06

J.D.Delaire 14/10/2008 16:36

Voilà ce que j'écrivais sur mon blog courant Septembre:

LES LIMITES DU CAPITALISME


Les limites du capitalismeMême dans l'hypothèse où le fonctionnement du capitalisme serait régulé par l'Etat d'une manière satisfaisante, et en accord avec les orientations données par le corps électoral, l'avenir des sociétés capitalistes pose des problèmes considérables.Le développement des échanges et la création d'une économie véritablement mondiale entraînent de nombreux dangers de déséquilibre, car les rythmes de croissance des divers pays sont inégaux, et leurs politiques économiques contradictoires. Comme aucun mécanisme de nature à rééquilibrer les échanges ne saurait exister, cette situation nécessite une intense activité de consultations et de négociations entre les Etats afin d'aboutir à un minimum d'harmonisation.Le capitalisme semble provoquer sur le plan mondial ce qui existe sur le plan de chaque Etat: une forte aggravation des inégalités. Un petit nombre de nations riches de l'hémisphère Nord se développent à un rythme soutenu, et consomment une part croissante des ressources mondiales, alors que la plupart des pays moins développés, situés dans l'hémisphère Sud, stagnent ou régressent. L'inégalité croissante entre les nations, voire les continents, est aggravée par l'inégalité des taux de croissance démographique, car les pays sous-développés, qui n'ont pas connu la transition démographique qui caractérise les pays riches, continuent à voir leur population se développer à un rythme rapide. On peut ainsi prévoir facilement l'aggravation des tensions qui existent déjà entre zones pauvres et surpeuplées et zones riches et moins peuplées.Enfin apparaissent des problèmes écologiques graves, provoqués simultanément par la croissance démographique à l'échelle planétaire, la consommation accrue de ressources naturelles liée au développement, et les multiples pollutions résultant de l'activité industrielle. Si la croissance économique apparaît comme un facteur d'équilibre des pays capitalistes, elle risque à long terme d'entraîner la destruction de l'environnement naturel. Mais c'est là un problème qui découle non seulement du fonctionnement des économies capitalistes, mais de toutes les formes d'organisation sociale imaginables.Problème, aucun économiste ou politique n'a mieux à proposer pour le moment, sortira-til des idées nouvelles de cette crise économique mondiale, ou le système redémarrera t'il de lui même comme après le crash de 1929 ? Surement après avoir fait beaucoup de dégats conflictuels, changé les centres de productions planétaires et  déstabilisé les centres de profits occidentaux !Une fois de plus, c'est la puissance dominante qui impose son modèle. Et il ne faut pas oublier que la moitié des 300 millions d'actionnaires de la planète (5% de la population du globe) sont américains. Le capital mondial est détenu à 50% par les Américains et la sphère financière n'a jamais rien fait d'autre que propager le modèle américain !

patrick CRASNIER 14/10/2008 14:05

Tu as raison, ce qui est grave c'est que (j'ai commencé à l'analyser dans mon blog) quoi qu'il se soit passé les bonimenteurs du néolibéralisme financier ont eu encore une fois raison. Aucune décision pour revenir à un capilalisme et à une écomnomie réelle. Rien de fait pour faire cesser ce grand monopolie mondial, la roulette du casino marche encore. La preuve étant les bourses mondiales depuis hier, la folie à la baisse est compensée par la folie à la hausse. Tous ceux qui ont eu peur devraient encore avoir peur aujourd'hui car l'économie réelle est bien en faillite. Ce n'est pas en redonnant du crédit cher à cetet économie qu'elle repartira, ce sera beaucoup plus long à corriger que la bourse qui elle s'est remontée en deux jours. Alors bravo aux menteurs professionnels financiers, politiques et aussi certains journalistes, je suis certain aussi que les financiers pourris qui mènent cette barque n'auraont même pas un geste de reconnaissance. Losque les crises sociales se développeront sans tarder je pense ils ne feront rien d'autre que de planquer leur pognon.