LE PIRE EST PEUT-ETRE A VENIR

Publié le par Philippe DAVID

LE PIRE EST PEUT-ETRE A VENIR

Le cataclysme qui frappe la finance mondiale depuis plusieurs semaines était prévisible: on ne pouvait pas imaginer qu'une bulle spéculative concentrée sur l'immobilier puisse durer éternellement. La bulle spéculative de l'immobilier a donc éclaté comme avait éclaté avant elle la bulle internet.

Tout a été fait depuis plusieurs semaines pour "remonter le moral" des marchés financiers avec le plan Paulson aux USA et la réunion du "G4" en Europe pourtant toutes les bourses du monde restent dans le rouge. Paris a baissé de près de 10% hier tandis que New-York a perdu 5% aujourd'hui. Comment expliquer une telle crise de confiance alors que le trésor américain a signé un chèque en blanc de 750 milliards de dollars et que les gouvernements européens ont garanti aux déposants que l'état les couvrait pour le moindre euro qui serait perdu en cas de faillite d'une banque?

L'absence de retour de confiance a une explication très rationnelle: les marchés n'aiment pas l'incertitude et la situation des USA est bien pire que ce qu'on imagine de ce côté de l'atlantique.

Quelques chiffres pour donner une image de la situation:La dette de l'état fédéral atteignait 80% du PIB avant le plan Paulson, elle ne tardera pas a représenter 100% du PIB avec le plan Paulson; la dette des ménages américains atteint près de 110% du PIB, les ménages américains ayant aujourd'hui un taux d'épargne négatif de 0.4%!; la dette des entreprises américaines atteint près de 210% du PIB, les trois géants de l'automobile, GM,Ford et Chrysler cumulant à eux trois près de 500 milliards de dollars de dettes! Comment espérer redresser un secteur bancaire aux abois quand, outre l'état, les particuliers et les entreprises vivent à crédit et n'ont donc pas les fonds pour renflouer ce  même secteur bancaire? Vu la situation il n y a pas de solution miracle.

De plus, les conséquences de cette première crise risquent d'être plus graves que prévu, une crise invisible pour le grand public étant certainement en train de se préparer: la crise des LBO.

Les LBO (en anglais Leveraged Buy-Out - rachat par effet de levier) ont en effet permis à des gens de racheter des entreprises sans les payer comme des particuliers avaient acheté des maisons sans les payer avec les subprimes. En fait, les LBO sont la copie quasi conforme des subprimes mais au niveau du rachat d'entreprises. Ce système permet de racheter une entreprise en amenant 50% du montant environ pour rembourser la suite avec les dividendes que la société est censée redistribuer. Les LBO ont donc besoin d'une forte rentabilité à court terme pour que les actionnaires puissent faire face aux échéances de remboursement mais le ralentissement économique actuel va faire baisser mécaniquement les profits des entreprises, donc les dividendes, donc va créer un problème de remboursement de ces LBO exactement comme ce fût le cas pour les ménages étranglés par la hausse des taux des subprimes!

Ce risque majeur pour l'économie mondiale, qu'on pourrait comparer à la réplique d'un séisme, est patent puisque les banques américaines refusent désormais de les financer pour la bonne et simple raison qu'elles en possèdent au moins 300 milliards de dollars qui ont été camouflés dans des produits financiers destinés à devenir des titres pourris (junk bonds), exactement comme les subprimes! Il va de soi que des banques ailleurs dans le monde possèdent ce type de produits financiers et il ne serait pas étonnant qu'on en entende parler d'ici peu de temps auquel cas le krach de 1929 ressemblerait à l'explosion d'un pétard face à la bombe d'Hiroshima.

Malheureusement, le pire est peut-être à venir.

Philippe DAVID

Publié dans vudedroite

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kéline 11/10/2008 21:25

bonsoir Philippe,nous venons de regarder l émission à laquelle tu as participé sur http://www.bfmtv.fr/merci de nous avoir éclairé et bon week end

J.D.Delaire 10/10/2008 16:50

Krach des marchés européens et asiatiques [ 10/10/08  - 16H10 - AFP  ]












© AFP - Yoshikazu Tsuno



Les marchés européens et asiatiques ont plongé vendredi dans le krach boursier, accroissant la pression sur les grands argentiers du G7 qui se réunissent en fin de journée à Washington, après une semaine de vains efforts pour enrayer une crise historique.
Après avoir flirté avec les 10% de chute dans les minutes suivant leur ouverture, Londres, Paris et Francfort, entraînés par les dégringolades de Wall Street (-7,33%) et Tokyo (-9,62%), affichaient peu avant 11H00 GMT des chutes de 7,50%, 7,22% et 8,60% respectivement.
Les autres Bourses européennes --de Milan à Amsterdam et de Lisbonne à Athènes-- subissaient des pertes semblables, tandis qu'à Moscou, les autorités ont préféré carrément ne pas ouvrir les deux marchés, le RTS et le Micex.
Cauchemar général en Asie également. En clôture, Hong Kong a perdu 7,2%, Sydney et Manille 8,3%, Singapour 7,34% et Bangkok 9,61%. Même la bourse chinoise de Shanghai, pourtant jusqu'à maintenant préservée, perdait 3,57%. "On dirait que la Bourse chinoise a finalement perdu pied, après avoir réussi à résister à la crise financière pendant quatre séances", a indiqué l'analyste Zhang Qi de Haitong Securities.
Autre victime collatérale, le pétrole. Le baril est passé sous 80 dollars vendredi à Londres, alors que les perspectives de demande racornissent à vue d'oeil. Par rapport à ses records historiques du 11 juillet à plus de 147 dollars, le pétrole a abandonné près de la moitié (47%) de sa valeur.






© AFP - Mike Clarke



Après les journées noires de lundi et mercredi, les grandes Bourses affichent des reculs dignes de la définition informelle du krach --une baisse des cours de plus de 20% en quelques jours-- qui justifient les comparaisons avec les crises de 1929 et 1987.
A l'issue de sept séances consécutives de baisse, le Nikkei de Tokyo enregistre une plongeon de 24,33% sur la semaine. Et de 54,68% depuis son pic de juillet 2007, à l'aube de la crise mondiale ! La Bourse de Tokyo respirera jusqu'à mardi, lundi étant jour férié au Japon.
A Paris, avant la clôture hebdomadaire, le CAC-40 perdait déjà plus de 20% depuis lundi, portant ses pertes depuis le début de l'année à 43%. Le CAC 40 pulvérise ainsi les records de baisse hebdomadaire établis après les attentats du 11 septembre 2001 (-11,42%) et début juillet 2002, après la révélation des manipulations comptables du géant américain des télécommunications Worldcom (-9,06%). "C'est la panique totale, il n'y a pas d'autre mot", commentait à New York Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert. "On est au-delà de la panique", renchérissait à Tokyo Oh Hyun-Seok, de Samsung Securities.
Et la menace d'une contagion de la crise financière à "l'économie réelle" se fait plus pressante.
Selon des analystes parisiens, la paralysie du marché interbancaire met des établissements en faillite potentielle. Par extension, les banques ne peuvent plus prêter aux particuliers et aux entreprises, déprimant consommation, marché immobilier et investissement. "Si les banquiers sont aux abonnés absents, (...) les fonds de roulement des entreprises sont directement menacés et on va aux faillites en chaîne", redoute Jean-Paul Pierret, directeur de la stratégie de Dexia.
Or, le mois d'octobre, déjà meurtrier lors des krachs de 1929 et 1987, est "particulièrement critique" pour les sociétés de l'hémisphère Nord, car il correspond à une levée de fonds "avant l'hiver et les dépenses de fin d'année", releve de son côté Valérie Plagnol, du Crédit Mutuel-CIC.
L'Islande, dont les trois plus grandes banques ont été nationalisées cette semaine, pourrait servir de test dans cette perspective, alors que son avenir financier semble suspendu à une intervention du Fonds monétaire international (FMI) ou à un prêt massif de la Russie.






© AFP/Archives - Yoshikazu Tsuno



Le krach et ses menaces mettent la pression sur la réunion des ministres de l'Economie et des Finances et des gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés (G7) qui s'ouvre à Washington à 14H00 (18H00 GMT).
Ils devaient "discuter des démarches entreprises par chacun" et des "moyens de renforcer nos efforts collectifs", a indiqué le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson.
Le plan Paulson de soutien au secteur financier, adopté il y a une semaine, est resté impuissant à ramener la confiance des investisseurs, à l'image des nationalisations partielles décidées par Londres mercredi et des baisses de taux lancées mercredi par six grandes banques centrales.
Alors que les Etats-Unis se retrouvent en position d'accusés face aux membres du club (Allemagne, Canada, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), le président George W. Bush devait faire une déclaration à 14H00 GMT pour "assurer aux Américains qu'ils peuvent avoir confiance" car "les responsables économiques agissent énergiquement pour stabiliser notre système financier", a déclaré sa porte-parole.
Selon la presse japonaise, Tokyo va proposer au G7 la création d'un fonds d'urgence d'environ 200 milliards de dollars (146 milliards d'euros) pour prêter de l'argent aux petits pays affectés par la crise financière mondiale.
Le Japon, qui préside cette année le G8 (G7 plus Russie), est également prêt à convoquer un sommet extraordinaire de ce club de grandes puissances si aucune solution pour faire face à la crise financière n'émerge lors de la réunion du G7 finances vendredi, a annoncé le Premier ministre japonais Taro Aso.
A Washington, les deux leaders démocrates du Congrès ont également demandé à George W. Bush de convoquer un sommet de crise du G8, une idée qu'avait aussi évoqué plus tôt dans la semaine le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Outre le G7 financier et un possible G8, Washington accueillera également à partir de samedi des réunions du G20, rassemblant les ministres et banquiers centraux des principaux pays riches et émergents, et les réunions d'automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

christophe 10/10/2008 11:59

Bonjour,Je cite cet article pour une enquête sur les bloggueurs toulousains et la crise pour le site actualité http://www.toulouse7.comCordialement,CC

Pinocchio 10/10/2008 07:39

La fin du monde capitaliste est proche, et celle du socialisme aussi. Chacun pour soi dorénavant.

J.D.Delaire 08/10/2008 19:59

Crise financière : sauver le système oui, mais pour le transformer au service de l’Homme
Par Nicolas Dupont-Aignan, mercredi 1 octobre 2008 à 14:45 :: Réflexion




Voici un extrait du document de synthèse transmis à la presse ce jour :Les événements viennent de démontrer que l’économie-casino, où les cours boursiers atteignent des sommets grâce aux licenciements massifs, à la compression des salaires et à la création de valeur fictive au profit de quelques uns, n’est pas seulement injuste mais autodestructrice. C’est le trait fondamental de cette crise que nos dirigeants, trop contents de passer sous silence leur responsabilité première dans la dérive du système, veulent faire oublier en mettant à l’index « les spéculateurs ». Le rôle du politique n’est plus de fermer les yeux sur un système fou en versant de temps à autre des sommes colossales pour le renflouer ou une larme de crocodile sur les gigantesques dégâts sociaux, humains et environnementaux, qu’il cause. Il est désormais indispensable d’articuler efficacité économique et justice sociale, sans quoi il n’existe aucun développement valable, matériel et moral, des sociétés. Cela ne peut s’opérer qu’à l’abri de frontières politiques et économiques qui récusent le mythe définitivement démodé d’un libre échange ultime et sans limites. L’enjeu est de passer d’une mondialisation sauvage fondée sur une harmonisation sociale et environnementale par le bas, à une économie mondiale multipolaire organisée sur des zones régionales de libre échange, et coopérant entre elles. Le lien vers le document : http://www.debout-la-republique.fr/Crise-financiere-sauver-le-systeme.html